À la Pentecôte, fraises on goûte. À la Trinité, fraises au panier
Publié le 26 juin 2026 par Goût, Saveur et Tradition

D’après de très ancienne tradition, les fées, les gnomes se servaient de fraise pour attirer les jeunes qui s’aventuraient dans les forêts… ce fruit est vite devenu symbole de plaisir d’amour.
Au XVIIIe siècle, on nommait « fraise » les tétons des femmes, ce qui entraîna la locution « aller aux fraises » comme synonyme de flirter.
Et dans des temps pas si reculés, les maraîchers avaient l’habitude d’épandre du fumier autour des plants de fraises. La médecine balbutiante trouvait néanmoins cette pratique peu recommandable d’un point de vue hygiénique, les gens faisaient donc tremper les fraises au moins une heure dans du vin rouge pour les désinfecter, une pratique intéressante.
À l’origine présente à l’état sauvage la fraise des bois est consommée par les populations du Néolithique.
La fragrance !
Le nom Fragaria Vesca évolua en Fragola (italien), Fresa (espagnol) et Fraise (français), cela vient de son étymologie latine : Fragum (parfum).
En fait c’est le parfum qui la caractérise qui lui a donné son nom. Dans l’Antiquité, les Romains cultivaient la fraise dans leurs jardins et l’utilisaient à la fois pour ses qualités gustatives, médicinales et cosmétiques.
À partir du XVIᵉ siècle, les explorateurs européens découvrent en Amérique des fraises beaucoup plus grosses que les fraises sauvages européennes. Le navigateur français Jacques Cartier contribue à l’introduction du fraisier écarlate dans l’hexagone, tandis que d’autres explorateurs rapportent le fraisier de Virginie (Fragaria virginiana).
À la Renaissance, la fraise devient un fruit apprécié des élites. Plus tard, sous le règne de Louis XIV, le jardinier Jean-Baptiste de La Quintinie développe sa culture dans le célèbre Potager du Roi à Versailles, permettant même des récoltes précoces pour satisfaire le Roi-Soleil.
Un certain, Amèdée Francois Frézier
En 1714, l’explorateur français Amédée François Frézier, rapporte du Chili des plants de Fragaria chiloensis. Croisés avec les fraisiers de Virginie déjà présents en Europe, ils donneront naissance à une nouvelle espèce, Fragaria – ananassa, à l’origine de la plupart des fraises cultivées dans le monde.
Grâce à son climat doux et au savoir-faire local Plougastel-Daoulas, près de Brest, devient le centre de production de cette nouvelle variété, qui y trouve des conditions idéales de culture.
Le développement du commerce, notamment vers l’Angleterre, puis l’arrivée du chemin de fer au XIXᵉ siècle favorisent l’essor de la fraisiculture. Au début du XXᵉ siècle, la fraise constitue une activité économique particulièrement prospère, avec le marché anglais comme principal débouché.
Apres la Bretagne, Carpentras en Provence, le département du Lot-et-Garonne, se spécialisent également dans cette culture.
Du bon et du beaucoup moins bon !
La France produit entre 55 000 et 66 000 tonnes de fraises par an, tandis que les Français en consomment environ 120 000 tonnes. Malgré la concurrence étrangère, la fraise française a gagné 20% de parts de marché en quinze ans, signe d’un intérêt croissant pour les produits locaux et de qualité. En consommation fraîche, les Français consomment en moyenne 1,5 kg de fraises par personne et par an, et 75% des ménages en achètent au moins une fois par an.
Dans la région d’Etampes en Essonne… le mieux c’est encore de les cueillir soit même à Torfou.
L’Union européenne représente également 13% de la production mondiale, soit 1,2 million de tonnes. Au sein de l’Union européenne, l’Espagne est le principal producteur avec 320 000 tonnes, principalement dans la province de Huelva. La Pologne occupe la deuxième place grâce à une production largement destinée à l’industrie de transformation.
La production mondiale de fraises atteint environ 9,3 millions de tonnes par an. La Chine domine largement le marché avec 36% de la production mondiale, suivie par les États-Unis.
« Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.
Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril tournant la tête,
Il dit : Printemps, tu peux venir ! »
La concurrence Espagnole
Les fraises importées d’Espagne sont critiquées à la fois pour leur qualité gustative et pour leurs impacts environnementaux et sanitaires. Selon plusieurs enquêtes, la majorité des fraises espagnoles analysées contenaient des résidus de pesticides, parfois interdits dans l’Union européenne, avec jusqu’à sept substances différentes détectées sur un même fruit.
Face à cette concurrence, les producteurs français rencontrent des difficultés pour écouler leur production. Les fraises espagnoles sont souvent vendues à des prix jusqu’à trois fois inférieurs, ce qui les rend très attractives pour les consommateurs.
Des vertes et des pas mûres
- La Gariguette : Elle est l’une des plus renommées en France. Apparue dans les années 1970, elle est très appréciée pour son arôme intense, sa chair tendre et juteuse.
- La Mara des bois : Sans doute l’une des fraises les plus sucrées, son goût rappelle celui des fraises des bois.
- La Ciflorette : Connue pour sa forme allongée et sa taille généreuse, la Ciflorette à la chair fondante montre souvent des reflets orangés.
- La Charlotte : On la reconnaît par sa forme de cœur , avec un goût proche de celui de la Mara des bois, très sucrée et douce.
- La Cigaline : Petite, mais puissante, elle offre un concentré de saveurs avec une chair ferme et un goût très aromatique.
- La Cléry : De grande taille et de forme plutôt ronde.
- La Mariguette : C’est le croisement d’une Mara des bois et d’une Gariguette ! Sa chair est extrêmement juteuse, avec un goût riche et sucré.

