La guerre de la Chocolatine

Publié le 1 mai 2026 par Goût, Saveur et Tradition

La guerre de la Chocolatine

Depuis quelques années, le terme chocolatine est régulièrement utilisé ! Au moment de rebaptiser les nouvelles régions, des internautes avaient proposé d’appeler la future Occitanie du nom de « Chocolatinie », des lycéens de Montauban avaient même écrit au Président de la République pour faire entrer le terme « chocolatine » dans le dictionnaire. Il existe même un comité de défense de la chocolatine sur Facebook.

Et pourtant, on constate une victoire écrasante de « pain au chocolat » sur « chocolatine ».

Le mot « chocolatine » apparaît au XIXe siècle grâce à un certain August Zang qui importe la baguette en France. De Vienne, cet autrichien apporte également dans ses valises, le croissant et sa version chocolatée. Avec son accent prononcé, dans son échoppe, il proposait des « Schokoladencroissant », progressivement les français auraient progressivement transformé le mot Schokoladen (Chocolatine).

Il est donc crédible que le premier terme pour désigner cette viennoiserie fourrée au chocolat ait été « chocolatine », suite d’une déformation linguistique.

Ce qu’on appelle « pain » en pâtisserie est en général fabriqué avec de la pâte au lait, ou au mieux de pâte à brioche : c’est le cas du pain au lait ou du pain viennois par exemple. Or le pain au chocolat utilise une pâte levée feuilletée, plus proche de celle qu’on retrouve dans les croissants ou les galettes des rois.

Alors Chocolatine ou pain au chocolat ?

Chocolatine ou pain au chocolat ? Une question qui divise les français !

La « chocolatine » ou pain au chocolat, est une viennoiserie composée de pâte levée feuilletée, généralement rectangulaire, et fourrée avec du chocolat. Cette Gourmandise que l’on trouve chez nos boulangeries a créé dans notre pays une fracture irréparable.

D’un côté, une majorité de la population l’appelle « pain au chocolat » de l’autre, d’irréductibles sudistes résistant l’appelle « chocolatine ». Une bataille médiatique a donc eu pour effet de faire connaître le terme « chocolatine » dans les régions où il n’était absolument pas usité. La zone correspond au grand sud-ouest, de La Rochelle à Carcassonne en passant par Bordeaux, Toulouse et Bayonne.

La « chocolatine » a perdu une bataille mais n’a pas la guerre.

Quel terme est le plus ancien ?

Remontons à son origine. Le pain au chocolat est une viennoiserie.

En France, ce terme a été utilisé au XIXème siècle pour désigner des pâtisseries d’inspiration viennoise. A cette période les échanges culturels entre l’Autriche et la France sont très forts : le Royaume de France et l’Empire Autrichien sont deux puissances européennes, qui sont liées par alliance. En effet, Marie-Antoinette d’Autriche était Reine de France quelques décennies plus tôt.

Dans les années 1830, la première « Boulangerie Viennoise » installée rue Richelieu à Paris est dirigée par l’autrichie : Auguste Zang.

August Zang & the French Croissant

Ces viennoiseries sont à l’époque faites avec de la pâte à brioche, et l’on y retrouve le Kipfer, qui deviendra notre croissant et le croissant fourré au chocolat (Schokoladencroissant).

Quand au terme « pain au chocolat », il serait plus récent et désignait à l’origine un morceau de pain dans lequel on fourrait un bout de chocolat pour le goûter des écoliers. Lorsque les viennoiseries ont été reprises et réinterprétée par les pâtissiers français au début du XXème siècle, en utilisant notamment de la pâte levée feuilletée, certains auraient repris ce terme.

Aujourd’hui dans les écoles de pâtisseries, on parle de « pain au chocolat ». Il semblerait donc que le vrai terme technique soit celui-là.

Dans son traité élémentaire et pratique de la pâtisserie moderne, Antonin Carême, surnommé « le roi des chefs et le chef des rois ». On appelle « petit pain » ou « pain » toutes les pâtes fourrées. Ainsi, Antonin Carême appelait même les profiteroles « petits pains », alors que ça n’a rien à voir avec du pain.

Quel terme emploie-t-on à l’étranger ?

Dans les pays germanophone, on emploie plus volontiers le terme « Schokoladencroissant ».

Dans les pays anglophones, notamment les USA, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, on dit « chocolate croissant ».

En Espagne un équivalent local est vendu sous le nom « Napoletanas », et au Mexique et en Amérique Latine, quand on en trouve, on parle de « chocolatine ».

Une bonne raison de revenir au terme « chocolatine ».

Logiquement, on devrait donc dire « pain au chocolat » pour des viennoiseries faites à base de pâte à pain au lait, et employer un autre terme pour désigner celle faite avec de la pâte levée feuilletée.

A l’origine, c’était « chocolatine », ce terme est plus pertinent du point de vue culinaire, plus logique et en plus, « pain au chocolat » pour une viennoiserie, ça n’a aucun sens.

  • Oui, les nordistes sont majoritaires et, presque partout en France on dit pain au chocolat, et on apprend même ça dans les écoles de pâtisserie.
  • Oui, les sudistes sont seuls dans leur combat pour la chocolatine, mais historiquement, logiquement, culinairement parlant, ils ont raison.

La question se pose réellement lorsque l’on aborde la préservation du patrimoine culturel. En 2018, certains députés français avaient proposé d’inscrire dans le Code Rural la préservation des appellations régionalisées comme la « chocolatine ».

Si vous voulez voter, Il existe un site internet entièrement dédié à ce débat.

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